Beaune
Une ville dont l'histoire remonte à l'Antiquité
L’histoire de Beaune commence bien avant les célèbres Hospices.
Après la conquête romaine de la Gaule, un premier établissement fortifié, un castrum, est installé à proximité de la source de la Bouzaize. Il occupe une position stratégique sur les voies reliant notamment Lyon et le nord de la Gaule.
À la fin de l’Antiquité, lorsque l’Empire romain devient plus vulnérable aux invasions, les habitants renforcent considérablement les défenses de la cité. Ce premier noyau fortifié constitue l’origine de la ville médiévale.
Au Moyen Âge, Beaune va progressivement dépasser les limites de cette première enceinte. La ville se développe autour du commerce, de l’artisanat et surtout de la vigne.
Beaune, ville des ducs de Bourgogne
Au Moyen Âge, Beaune devient une cité importante du duché de Bourgogne. Les ducs y séjournent régulièrement et la ville bénéficie de sa position au cœur d'un territoire particulièrement prospère.
En 1203, le duc Eudes III accorde à Beaune une charte de franchise. La ville obtient ainsi le droit de s’administrer et voit son importance politique et économique se renforcer.
Entre le XIIᵉ et le XIVᵉ siècle, l'ancienne enceinte romaine devient trop petite. Une nouvelle enceinte beaucoup plus vaste est construite autour de la ville.
Les fortifications comportent alors plusieurs portes et tours. Pour renforcer encore la défense de Beaune, les cours de l’Aigue et de la Bouzaize sont détournés afin d’alimenter les fossés qui entourent les remparts.
C’est une partie de cette enceinte que l’on peut encore admirer aujourd’hui.
Une ville au cœur de la Bourgogne des grands ducs
Au XVe siècle, Beaune se trouve au cœur de la puissante Bourgogne des Valois.
À cette époque, le duc Philippe le Bon règne sur un territoire considérable qui s’étend de la Bourgogne jusqu’aux Pays-Bas. Beaune profite de cette période de prospérité.
Mais le XVe siècle est également marqué par la Guerre de Cent Ans, les épidémies et la pauvreté. La Bourgogne, comme le reste du royaume, sort profondément meurtrie de cette période.
C’est dans ce contexte qu’un homme va laisser une empreinte exceptionnelle sur Beaune : Nicolas Rolin, chancelier du duc Philippe le Bon.
1443 : Nicolas Rolin et Guigone de Salins
En 1443, Nicolas Rolin et sa troisième épouse, Guigone de Salins, fondent l’Hôtel-Dieu de Beaune.
Leur ambition est alors remarquable : créer un hôpital destiné aux pauvres et aux plus démunis, à une époque où les populations les plus fragiles disposent de très peu de structures de soins.
L’Hôtel-Dieu ouvre ses portes à la fin de 1451 et accueille son premier patient le 1er janvier 1452. Pendant près de cinq siècles et demi, l’établissement restera un lieu de soins et d’accueil.
Mais Nicolas Rolin ne construit pas un simple hôpital.
Il fait édifier un véritable « palais pour les pauvres », inspiré notamment des grands établissements hospitaliers des Flandres, alors étroitement liées à la Bourgogne.
C’est ce qui explique l’apparence extraordinaire du monument : derrière une façade relativement sobre se cache une cour spectaculaire, entourée de bâtiments aux toitures polychromes en tuiles vernissées, devenues l’un des symboles de Beaune et, plus largement, de la Bourgogne.
À l'intérieur se trouve notamment le célèbre polyptyque du Jugement dernier, réalisé au XVe siècle par le peintre flamand Rogier van der Weyden à la demande de Nicolas Rolin.
Les Hospices et la naissance d'un immense domaine viticole
L’histoire des Hospices ne s’arrête pourtant pas à l’hôpital.
Au fil des siècles, l’institution reçoit de nombreuses donations, notamment des terres et des parcelles de vigne.
Petit à petit se constitue ainsi un domaine viticole exceptionnel, qui comprend aujourd’hui des parcelles dans certaines des appellations les plus prestigieuses de Bourgogne : Pernand-Vergelesses, Corton-Charlemagne, Pommard, Meursault, Puligny-Montrachet, entre autres.
Cette relation entre les Hospices et la vigne donnera naissance à l’une des traditions les plus célèbres de Beaune.
Depuis 1859, les vins issus du domaine des Hospices sont vendus aux enchères. La Vente des Vins des Hospices de Beaune, organisée chaque année en novembre, est devenue un rendez-vous international du monde viticole.
Ainsi, une institution créée au XVe siècle pour venir en aide aux pauvres est devenue, plusieurs siècles plus tard, l’un des grands symboles mondiaux des vins de Bourgogne.
Beaune après la fin des ducs de Bourgogne
En 1477, à la mort de Charles le Téméraire, le duché de Bourgogne est progressivement rattaché au royaume de France sous le règne de Louis XI.
Cette période marque la fin de l'État bourguignon des grands ducs.
Beaune conserve cependant son importance. Ses remparts sont adaptés aux nouvelles techniques militaires : l’apparition de l’artillerie rend les hautes tours médiévales moins efficaces. Certaines sont alors remplacées ou renforcées par des ouvrages plus bas, plus massifs, capables de mieux résister aux tirs de canon.
C’est notamment l’origine des grands bastions que l’on peut encore découvrir aujourd’hui.
Une ville qui a conservé son enceinte
L'une des particularités de Beaune est d'avoir conservé une grande partie de son système défensif.
Alors que de nombreuses villes françaises ont détruit leurs remparts au XIXe siècle pour permettre leur expansion, Beaune a conservé cette enceinte historique. Le parcours actuel autour des remparts représente environ 2,5 kilomètres.
Depuis le ciel, cette particularité est particulièrement intéressante : le centre ancien apparaît comme une ville dessinée à l'intérieur de son ancienne enceinte, au milieu du paysage viticole.
On distingue également les principaux monuments qui structurent la cité, notamment l'Hôtel-Dieu, la Collégiale Notre-Dame, le beffroi et les nombreuses demeures historiques.
La Collégiale Notre-Dame
Au cœur de la vieille ville se trouve également la Collégiale Notre-Dame, dont la construction commence vers 1120.
Elle constitue l’un des grands témoignages de l’architecture religieuse bourguignonne, avec des éléments romans et gothiques ajoutés ou transformés au fil des siècles.
Elle conserve notamment de remarquables tapisseries flamandes du XVe siècle, consacrées à la vie de la Vierge.
Elle rappelle, elle aussi, les liens très étroits qui existaient entre la Bourgogne et les Flandres à l'époque des grands ducs.
Beaune, capitale des vins de Bourgogne
Aujourd’hui, Beaune est indissociable de son vignoble.
La ville est devenue le centre symbolique et commercial de la Côte de Beaune, l’une des grandes régions viticoles de Bourgogne.
Autour de la ville se succèdent certains des noms les plus prestigieux du vignoble bourguignon. Beaune abrite également de nombreuses maisons de négoce installées dans d’anciens couvents, hôtels particuliers et bâtiments historiques.
En 2015, les Climats du vignoble de Bourgogne ont été inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO. Cette inscription reconnaît un paysage viticole façonné pendant des siècles par le travail des hommes et par une extraordinaire mosaïque de parcelles.
Et c’est précisément ce que l’on peut mieux comprendre depuis un avion.
En prenant de la hauteur, la ville de Beaune apparaît comme le point de rencontre entre la cité historique, les anciens remparts et le vignoble.
Beaune vue du ciel
Depuis le Stampe, Beaune raconte donc une histoire particulièrement lisible.
On peut d’abord repérer la forme de la vieille ville et ses remparts, témoins de la cité médiévale.
Puis, au cœur de la ville, chercher la silhouette de l’Hôtel-Dieu, même si ses célèbres toits vernissés sont évidemment beaucoup plus faciles à apprécier depuis le sol.
Et surtout, en regardant vers l’ouest, on découvre progressivement le vignoble qui monte vers les coteaux de la Côte de Beaune.
Prendre de la hauteur permet ainsi de comprendre Beaune autrement : une cité née de l’Antiquité, façonnée par les ducs de Bourgogne, marquée par l’œuvre de Nicolas Rolin et Guigone de Salins, protégée par ses remparts et devenue, au fil des siècles, l’une des capitales mondiales du vin.
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